Addendum 1976
Le texte La psychothérapie
fut reçu par Helen Schucman
pour être ajouté en addendum
au Cours en Miracles
LA PSYCHOTHÉRAPIE
Son but
Son processus
Sa pratique
Une extension des principes d’Un Cours en Miracles
Introduction.
La psychothérapie est la seule forme de thérapie qui soit. Puisque seul l’esprit peut se trouver malade, seul l’esprit a besoin de guérison. Il ne semble pas que ce soit le cas puisque les manifestations du monde semblent bien réelles. La psychothérapie est nécessaire pour qu’un individu commence à remettre en question la réalité des ces illusions. Il est parfois capable d’ouvrir son esprit sans aide formelle, mais même dans ce cas c’est toujours un certain changement dans la perception qu’il a des relations interpersonnelles qui lui permet de le faire. D’autres fois, il a besoin d’une relation prolongée plus structurée et plus vaste, avec un «thérapeute» officiel. Dans les deux cas, la tâche est la même: il faut aider le patient à changer d’esprit quant à la «réalité» des illusions.
1. Le but de la psychothérapie
Le but de la psychothérapie est très simplement d’enlever les entraves à la Vérité. Elle vise à aider le patient à abandonner son système établi d’illusions et à reconsidérer les fausses relations de cause à effet sur lesquelles reposent sur ces illusions. Personne en ce monde n’échappe à la peur, mais chacun peut en reconsidérer les causes et apprendre à les évaluer correctement. Dieu a donné à chacun un Enseignant dont la sagesse et l’aide dépassent de loin toute contribution que peut fournir un thérapeute terrestre.
Il y a toutefois des moments et des situations où une relation terrestre patient-thérapeute devient le moyen à travers lequel Il offre à chacun des deux ses plus larges dons.
Quel meilleur objectif pour toute relation que d’inviter le Saint-Esprit à y entrer pour y laisser son immense cadeau de se réjouir ? Quel but plus élevé pour qui que ce soit que d’apprendre à faire appel à Dieu et à entendre Sa réponse ? Quel but plus transcendant que de rappeler la Voie, la Vérité et la Vie, et de se souvenir de Dieu? Le but véritable de la psychothérapie est d’en arriver là. Pourrait-il y avoir quoi que ce soit de plus saint ? Car la psychothérapie, correctement comprise, enseigne le pardon et aide le patient à le reconnaître et à l’accepter. Et c’est dans la guérison du patient que le thérapeute est pardonné avec lui.
Quiconque a besoin d’aide, sans égard pour la forme de sa détresse, est en train de s’attaquer lui-même et sa paix d’esprit en souffre en conséquence. Ces tendances sont souvent décrites comme étant «autodestructrices» et le patient les considère souvent lui-même de cette façon. Ce dont il ne se rend pas compte – et qu’il a besoin d’apprendre – c’est que ce «soi-même» qui peut attaquer tout autant qu’être attaqué est un concept qu’il a forgé lui-même. Bien plus, il chérit ce concept, le défend et il peut même parfois être disposé à «sacrifier sa vie » en son nom. Il le considère en effet comme étant lui-même. Ce «Je», il perçoit comme s’il était manipulé, répondant au bon vouloir des forces extérieures, se sentant impuissant et à la merci du monde.
La psychothérapie doit alors lui faire reprendre conscience de sa capacité à prendre ses propres décisions. Il doit devenir consentant à inverser sa façon de penser, et arriver à comprendre que ce qui, d’après lui, projetait des effets était en fait le résultat de ses propres projections sur le monde. Le monde qu’il voit n’existe donc pas. Jusqu’à ce qu’il accepte ce point – ne fut-ce qu’en partie - le patient ne peut se voir comme vraiment capable de prendre des décisions et luttera contre sa liberté parce qu’il se pense victime du monde.
Le patient n’a pas besoin d’identifier la Vérité à Dieu pour progresser vers le salut,mais il lui faut commencer à séparer la Vérité de l’illusion, en reconnaissant qu’elles ne sont pas identiques et en devenant de plus en plus désireux de voir comme fausses les illusions et d’accepter pour vraie la Vérité. A partir de là, son Enseignant le prendra en charge et le mènera aussi loin qu’il est prêt à aller. La psychothérapie peut seulement lui sauver du temps. Le Saint-Esprit utilise le temps comme Il l’entend et ne se trompe jamais. Une psychothérapie sous Sa direction est un des moyens qu’Il utilise pour gagner du temps et pour préparer de nouveaux enseignants pour son œuvre. Il n’y a pas de fin à l’aide qu’Il entreprend et qu’Il dirige. Quel que soit l’itinéraire qu’Il choisit, toute psychothérapie mène à Dieu à la fin. Mais cela dépend de Lui. Nous sommes tous ses psychothérapeutes, car Il voudrait nous voir tous guéris en Lui.
2. Le processus de la psychothérapie : Introduction
La psychothérapie est un processus qui change la façon de voir le soi. Au mieux ce «nouveau» soi est un concept de soi plus favorable, mais il est difficile d’attendre de la psychothérapie qu’elle établisse la Réalité. Ce n’est pas là sa fonction. Si elle peut ouvrir la voie à la Réalité, elle aura atteint son ultime prouesse. En fin de compte, sa fonction est toute entière d’aider le patient à venir à bout d’une unique erreur fondamentale: la croyance que la colère lui apporte quelque chose qu’il désire réellement et qu’en justifiant l’attaque, il se protège. S’il en vient dans une certaine mesure à se rendre compte qu’il s’agit d’une erreur, dans cette même mesure il sera sauvé.
Au début, les patients n’entrent pas dans la relation thérapeutique avec ce but-là à l’esprit. De tels concepts ont, au contraire, peu de sens à leurs yeux, sinon ils n’auraient pas besoin d’aide. Leur but est d’être capable de maintenir leur concept de soi exactement dans le même état, mais sans les souffrances qu’il entraîne. Leur équilibre repose tout entier sur la croyance démente que c’est possible. Et comme pour l’esprit en santé c’est de toute évidence impossible, ce qu’ils recherchent, c’est de la magie. Dans les illusions l’impossible s’accomplit facilement mais seulement avec un coût: celui de rendre vraies les illusions. Ce prix-là, le patient l’a déjà payé. Ce qu’il désire maintenant, c’est une «meilleure» illusion.
Au début, donc, les buts du patient et du thérapeute sont en désaccord. Il se peut que, tout comme le patient, le thérapeute chérisse de faux concepts du soi, mais leur perception respective de « l’amélioration » se doit tout de même d’être différente. Le patient espère apprendre comment obtenir les changements qu’il désire sans changer de façon significative son concept du soi. En fait, il espère le stabiliser suffisamment pour y inclure les pouvoirs magiques qu’il recherche dans la psychothérapie. Il désire rendre invulnérable ce qui est vulnérable et rendre le fini illimité. Le soi qu’il voit est son dieu et il ne cherche qu’à mieux le servir.
Sans tenir compte de son degré de sincérité, le thérapeute doit désirer changer la concept de soi du patient sur un certain mode qu’il croit réel. La tâche de la thérapie, c’est de concilier ces différences. On peut espérer que tous deux apprendront à abandonner leurs buts originels, car c’est seulement dans des relations que peut se trouver le salut. Au début, il est inévitable que patients et thérapeutes acceptent des buts irréalistes qui ne soient pas complètement libres de nuances magiques. Elles finiront par être abandonnées dans l’ esprit des deux.
2. Le processus de la psychothérapie : I. Les limites de la psychothérapie
Le résultat idéal est néanmoins rarement atteint. La thérapie commence lorsque l’on se rend compte que la guérison est de l’esprit, et dans la psychothérapie ceux qui se rencontrent y croient déjà. Il se peut qu’ils n’aillent pas beaucoup plus loin, car personne n’apprend plus qu’il n’y est prêt. Mais les niveaux de préparation changent et lorsque le thérapeute ou le patient aura atteint le niveau suivant, une relation leur sera offerte qui répondra au changement du besoin. Peut-être se retrouveront-ils encore pour aller de l’avant dans la même relation, en la rendant plus sainte. Ou peut-être chacun d’eux s’investira-t-il ailleurs. Soyez-en sûr: chacun progressera. Toute régression est temporaire. La direction générale est celle du progrès vers la Vérité.
D’elle-même, la psychothérapie ne peut pas être créatrice. C’est là une des erreurs qu’entretient l’ego: qu’il est capable d’un changement vrai, et donc d’une créativité vraie. Quand nous parlons d’«illusion de guérison» ou de «rêve final», ce n’est pas ce que nous voulons dire: mais il s’agit là de la dernière défense de l’ego. Sa façon de considérer les choses, son interprétation du progrès et de la croissance, se résument en un mot: RÉSISTANCE. Ces interprétations seront nécessairement fausses, parce qu’elles sont délirantes. Les changements que l’ego cherche à faire ne sont pas réellement des changements. Ce ne sont que des ombres plus opaques, ou différentes variétés d’autres nuages. Pourtant, ce qui est fabriqué de néant, on ne peut l’appeler nouveau ou différent. Les illusions sont des illusions; la Vérité est la Vérité.
Telle que définie ici, la résistance peut être une caractéristique qui s’applique aussi bien au thérapeute qu’au patient. Elle fixe, dans un sens ou dans l’autre, une limite à la psychothérapie parce qu’elle en restreint le but. Le Saint-Esprit ne peut d’ailleurs pas lutter contre les intrusions de l’ego dans le processus thérapeutique. Mais Il attendra, et Sa patience est infinie. Son but est toujours sans division. Quelles que soient les solutions que patient et thérapeute adoptent pour résoudre le problème de la divergence de leurs buts respectifs, ils ne peuvent arriver à une conciliation complète en tant qu’Un tant qu’ils ne se seront pas unis au But du Saint esprit. Tout conflit sera alors, et alors seulement, résolu, car c’est seulement alors que réside la certitude.
Idéalement, la psychothérapie consiste en une série de saintes rencontres où des frères se rencontrent pour se bénir l’un l’autre et recevoir la paix de Dieu. Et c’est ce qui arrivera un jour à chaque « patient » à la surface de cette terre, car qui d’autre qu’un patient aurait bien pu venir ici? Le thérapeute est seulement un enseignant de Dieu quelque peu spécialisé. Il apprend en enseignant et plus il est avancé, plus il enseigne et plus il apprend. Mais quel que soit le degré où il se trouve, il y a des patients qui ont besoin de lui juste comme il est. Ils ne peuvent prendre davantage que ce qu’il peut donner pour le moment. Tous deux trouveront en définitive la santé mentale.
2. Le processus de la psychothérapie : II. La place de la religion dans la psychothérapie
Pour être enseignant de Dieu, il n’est pas nécessaire d’être religieux, ni même de croire en Dieu d’une façon véritable. Il est toutefois nécessaire d’enseigner le pardon au lieu de la condamnation. Mais même en cela il n’est pas exigé une cohérence complète, car celui qui a atteint ce point pourrait enseigner le salut complètement, en un instant et sans un mot. Mais celui qui a appris toutes choses n’a pas besoin d’enseignant et ceux qui sont guéris n’ont aucun besoin de thérapeute. Les relations sont toujours le temple du Saint-Esprit et elles seront portées à la perfection dans le temps et rendues à l’éternité.
Une religion formelle n’a pas sa place en psychothérapie, mais elle n’a pas non plus sa place dans la religion. Il y a dans ce monde une tendance stupéfiante à réunir des mots contradictoires en un terme unique sans percevoir en rien la contradiction. La tentative de formaliser la religion est si évidemment une tentative de l’ego pour concilier l’inconciliable qu’il est peu utile d’élaborer sur ce point. La religion est une expérience; la psychothérapie est une expérience. A leurs niveaux les plus élevés, elles deviennent une. Ni l’une ni l’autre n’est vraie en soi, mais toutes deux peuvent conduire à la Vérité. Pour trouver la Vérité, qui demeure parfaitement évidente, qu’y a-t-il de nécessaire sinon d’enlever les semblants d’obstacles à la conscience vraie ?
Il n’y a personne qui apprenne à pardonner qui puisse manquer de se souvenir de Dieu. Le pardon est alors tout ce qui a besoin d’être enseigné, parce que c’est la seule chose qui ait besoin d’être apprise. Tous les blocages au souvenir de Dieu sont des formes de non-pardon – et rien d’autre. Ce n’est jamais évident pour le patient et ce ne l’est que rarement pour le thérapeute. Le monde a mobilisé toutes ses forces contre cette unique prise de conscience, car c’est en elle que se trouve la fin du monde et de tout ce qu’il représente.
Ce n’est toutefois pas la conscience de Dieu qui constitue un but raisonnable en psychothérapie. Cela viendra une fois la psychothérapie achevée, car là où il y a le pardon la Vérité vient nécessairement. La croyance en Dieu n’est pas non plus un concept réellement signifiant, car Dieu ne peut qu’être connu. La croyance implique que soit possible la non croyance, mais la connaissance de Dieu n’a aucun opposé véritable. Ne pas connaître Dieu, c’est ne pas avoir la connaissance et c’est à cela que mène tout non-pardon. Or, sans connaissance, on ne peut avoir que la croyance.
Des supports d’enseignement différents attirent des gens différents. Certaines formes de religion n’ont rien à voir avec Dieu, et certaines formes de psychothérapie n’ont rien à voir avec la guérison. Mais si l’élève et l’enseignant s’unissent en partageant un but unique, Dieu entrera au sein de leur relation parce qu’Il aura été invité à y venir. De la même façon, une union d’objectif entre patient et thérapeute remet Dieu au premier plan, d’abord au travers de la vision du Christ, puis à travers le souvenir de Dieu Lui-même. Le processus de la psychothérapie est le retour à la santé d’esprit. Enseignant et élève, thérapeute et patient, tous sont déments, sinon ils ne seraient pas ici. Ensemble ils peuvent trouver un chemin pour en sortir, car pas un ne trouvera seul la santé mentale.
Si la guérison consiste à inviter Dieu à rentrer dans Son Royaume, la façon dont l’invitation est rédigée importe peu, pas plus que le papier, l’encre ou la plume: est-ce celui qui l’imprime qui lance l’invitation ? Dieu vient à ceux qui voudraient restaurer Son monde, car ils ont trouvé la façon de faire appel à Lui. Si deux personnes se sont unies, Il doit être là. Leur but n’a pas d’importance, mais il leur faut le partager entièrement pour réussir. Il est impossible de partager un but que Christ ne bénisse pas, car ce qui ne se voit pas par Ses yeux est trop fragmenté pour avoir un sens.
De même que toute vraie religion guérit, une vraie psychothérapie doit être religieuse, mais les deux prennent de nombreuses formes parce qu’aucun bon enseignant n’utilise la même approche pour chaque élève. Au contraire, il écoute patiemment et laisse chacun formuler son propre programme: pas le but du programme, mais la meilleure façon pour lui d’atteindre le but que ce programme lui a donné. Il se peut que l’enseignant ne pense pas que Dieu fasse partie de l’enseignement, ou encore que le psychothérapeute ne comprenne pas que la guérison vient de Dieu: ils peuvent réussir là où échoueront beaucoup de ceux qui croient avoir trouvé Dieu.
Que doit faire l’enseignant pour assurer le succès de l’apprentissage ? Que doit faire le thérapeute pour amener la guérison ? Une unique chose: la même exigence que le salut requiert de chacun. Chacun doit partager un but unique avec quelqu’un d’autre et, ce faisant, perdre tout sentiment d’avoir des intérêts séparés. C’est seulement en faisant cela qu’il est possible de transcender les frontières étroites que l’ego voudrait imposer au soi. C’est seulement en faisant cela qu’enseignant et élève, thérapeute et patient, vous et moi, pouvons accepter la rédemption et apprendre à la donner tel qu’elle a été reçue.
La communion est impossible tout seul. Quiconque se tient séparé est incapable de recevoir la vision du Christ. Elle lui est offerte, mais il ne peut pas tendre la main pour la recevoir. Qu’il soit tranquille et reconnaisse que le besoin de son frère est le sien propre. Qu’il réponde au besoin de son frère comme étant le sien et qu’il voie qu’il est répondu à ses besoins en tant qu’Un, car c’est ce qu’ils sont. Qu’est-ce que la religion, sinon une aide pour l’aider à voir qu’il en est bien ainsi ? Et qu’est-ce que la psychothérapie, sinon une aide qui va dans cette même direction ? C’est le but qui rend identiques ces processus; comme ils sont un quant à leur objectif, ils doivent aussi être un quant aux moyens.
2. Le processus de la psychothérapie : III. Le rôle du psychothérapeute
Le psychothérapeute est le guide dans le sens qu’il marche un petit peu devant le patient, et qu’il l’aide à éviter les pièges le long du chemin en les voyant en premier. Idéalement, c’est aussi un serviteur, car l’Un devrait marcher devant lui pour lui donner sa lumière. Sans Celui-là, les deux vont simplement trébucher aveuglément dans le néant. Il est impossible que l’Un soit totalement absent si le but est la guérison. Il peut toutefois ne pas être reconnu. Et la petite lumière qui peut alors être acceptée est tout ce qu’il y a pour illuminer le chemin vers la Vérité.
La guérison est limitée par les limitations du psychothérapeute tout comme elle limitée par celles du patient. Le but de ce processus toutefois est de transcender ces limites. Personne ne peut accomplir cela tout seul, mais quand ils se réunissent, le potentiel pour transcender toutes les limitations leur a été donné. Maintenant, l’étendue de leur succès dépend du degré de ce potentiel qu’ils désirent employer. La volonté peut venir de l’un ou de l’autre au début, et comme l’autre le partage, il va grandir. Le progrès devient matière à décision ; il peut presqu’atteindre le ciel ou ne pas aller plus loin qu’à un pas ou deux de l’enfer.
Il est tout à fait possible que la psychothérapie puis paraître faillir. Il est même possible que ce résultat apparaisse comme de la régression. Mais à la fin il y a du succès. Quelqu’un demande de l’aide, un autre entend et essaie de répondre dans une forme d’aide. C’est la formule même du salut et cela doit guérir. Seul des buts divisés peuvent interférer dans la guérison parfaite. Un thérapeute sans ego peut guérir le monde sans un mot, seulement en étant là. Personne n’a besoin de le voir ou lui parler ou même être au courant de son existence. Sa simple présence est suffisante pour guérir.
Le thérapeute idéal est Un avec le Christ. Mais la guérison est un processus, pas un fait. Le thérapeute ne peut progresser sans le patient et le patient ne peut être prêt à recevoir le Christ, sinon il ne serait pas malade. Dans un certain sens, le thérapeute sans ego est une abstraction qui tient à la fin du processus de guérison, trop avancé pour croire à la maladie, et trop près de Dieu pour garder les pieds sur terre. Maintenant il peut aider à travers ceux qui ont besoin d’aide et de cette façon il réalise le Plan pour le salut. La psychothérapeute devient son patient, travaillant à travers les autres patients pour exprimer ses pensées comme il les reçoit de l’Esprit du Christ.
2. Le processus de la psychothérapie : IV. Le processus de la maladie
De même que toute thérapie est une psychothérapie, toute maladie est une maladie mentale. C’est un jugement porté sur le Fils de Dieu – et le jugement est une activité mentale. Le jugement est une décision, prise et reprise, contre la création et son Créateur. C’est une décision de percevoir l’Univers comme vous l’auriez créé. C’est une décision selon laquelle la Vérité peut mentir et doit être mensonges. Que peut alors être la maladie, sinon une expression de chagrin et de culpabilité ? Et sur quoi peut-on pleurer, sinon sur sa propre innocence ?
Dès que le Fils de Dieu est perçu comme coupable, la maladie devient inévitable. Elle a été demandée et elle sera reçue. Et tous ceux qui demandent la maladie se sont maintenant eux-mêmes condamnés à chercher des remèdes inefficaces puisqu’ils placent leur foi dans la maladie et non dans le salut. Il n’y a rien qu’un changement d’état d’esprit ne puisse affecter, car toutes les choses extérieures ne sont que les ombres d’une décision déjà prise. La décision changée, comment ses ombres pourraient-elles rester inchangées ? La maladie ne peut être que l’ombre de la culpabilité, grotesque et laide puisqu’elle singe la déformation. Si l’on voit une difformité comme étant réelle, comment les ombres ne pourraient-elles pas être déformées ?
Une fois prise la décision de la réalité de la culpabilité, la descente pas à pas aux enfers suit un cours inévitable. Maladie, mort et détresse parcourent maintenant la terre en vagues implacables, parfois ensemble, parfois en un sinistre défilé. Pourtant, pour réelles qu’elles apparaissent, toutes ces choses ne sont que des illusions. Qui, une fois qu’il s’en est rendu compte, pourrait avoir foi en elles ? Et qui ne pourrait pas avoir foi en elles tant qu’il ne s’est est pas rendu compte ? La guérison est thérapie ou correction; nous l’avons déjà dit et nous le dirons encore: toute thérapie est une psychothérapie. Guérir les malades, c’est simplement leur apporter cette prise de conscience.
Le mot « cure » est tombé en disgrâce chez les thérapeutes les plus «respectables » de ce monde et ce, à juste titre, car aucun d’entre eux ne peut guérir et il n’en est pas un seul qui comprenne la guérison. Au pire, ils ne font que rendre le corps réel dans leur propre esprit puis, l’ayant fait, ils cherchent une magie par laquelle guérir les maux dont leur esprit a doté le corps. Comment un tel processus pourrait-il guérir ? C’est ridicule du début à la fin. Mais comme il a débuté, il lui faut se finir de la même façon. C’est comme si Dieu était le diable et devait être trouvé dans le mauvais. Comment l’amour pourrait-il être là ? Et comment la maladie pourrait-elle guérir ? Ces deux questions n’en forment-elles pas une seule ?
Au mieux - et encore pourrait-on remettre en question l’utilisation de ce terme ici - les « guérisseurs » du monde peuvent reconnaître l’esprit en tant que source de la maladie. Mais leur erreur réside dans la croyance selon laquelle l’esprit peut se soigner lui-même. Il y a quelque mérite à cela dans un monde où le concept de «degrés d’erreur» est un concept significatif. Mais leurs soins ont nécessairement un effet temporaire, ou bien une autre maladie remplace la première, car la mort n’a pas été vaincue tant que n’est pas comprise la signification de l’amour. Et cela, qui peut le comprendre sans la Parole de Dieu, que Dieu donne au Saint-Esprit comme le précieux don qu’Il vous fait ?
Toute maladie peut être définie comme le résultat d’une vision du soi: un soi faible, vulnérable, mauvais, menacé et avec le besoin d’une défense constante. Mais si le soi était réellement comme cela, la défense serait impossible. Il faut par conséquent rechercher des défenses de type magique. Des défenses qui doivent surmonter toutes les limites perçues dans le soi, tout en forgeant un nouveau concept du soi au sein duquel l’ancien soi ne puisse pas revenir. En un mot, l’erreur est acceptée pour réelle et on s’en occupe avec des illusions. Comme la Vérité est portée aux illusions, la Réalité devient maintenant une menace et on la perçoit comme néfaste. On se met à avoir peur de l’amour parce que la Réalité est amour. On ferme de cette façon le cercle contre les «invasions» du salut.
La maladie est par conséquent une méprise qui a besoin d’être corrigée et comme nous avons déjà insisté à le dire, la correction ne peut être accomplie en établissant d’abord la «justesse» de la méprise pour ensuite passer outre. Si la maladie est réelle, elle ne peut être négligée en vérité, car passer outre à la Réalité, c’est de la démence. C’est cela cependant qui est l’objectif de la magie: rendre vraies des illusions à travers une perception fausse. Cela ne peut pas guérir, car c’est contraire à la Vérité. On peut y substituer un petit moment une illusion de santé, mais pas pour longtemps. La peur ne peut pas être longtemps cachée par des illusions, car elle en fait partie. Elle s’échappera et prendra une autre forme, puisque la peur est la source de toutes les illusions.
La maladie est démence parce que toute maladie est une maladie mentale, et là il n’y a pas de degrés. Une des illusions par laquelle on perçoit la maladie comme réelle est la croyance d’après laquelle elle varie en intensité, que le degré de menace diffère selon la forme qu’elle prend. C’est en cela que réside la source de toutes les erreurs, car toutes ne sont que des tentatives d’établir un compromis en ne voyant qu’un tout petit peu de l’enfer. Il s’agit là d’une mascarade si étrangère à Dieu qu’elle est inconcevable à jamais. Mais les déments y croient parce qu’ils sont déments.
Quelqu’un d’insane défendra ses propres illusions parce que c’est en elles qu’il voit son salut à lui. Aussi attaquera-t-il celui qui essaie de l’en sauver, en croyant que ce dernier est en train de l’attaquer. Ce curieux cercle d’attaque-défense est un des problèmes les plus difficiles dont doit s’occuper le psychothérapeute. C’est en fait sa tâche centrale, le coeur de la psychothérapie. Le thérapeute est vu comme quelqu’un qui est en train d’attaquer la possession à laquelle le patient tient le plus: son image de lui-même. Et comme cette image est devenue la sécurité du patient telle qu’il la perçoit, le thérapeute ne peut être vu que comme une source réelle de danger ; à attaquer, voire à tuer.
Le psychothérapeute porte alors une responsabilité énorme. Il doit faire face à l’attaque sans attaquer, et donc il doit être sans défense. C’est sa tâche de démontrer que les défenses ne sont pas nécessaires et que l’état d’être sans défense est une force. Tel doit être son enseignement, si sa leçon est que la santé mentale est la sécurité. On ne peut trop fortement insister sur le fait que les déments croient que la santé mentale est une menace. Il s’agit là du corollaire du «péché originel» ; la croyance que la culpabilité est réelle et pleinement justifiée. C’est par conséquent la fonction du psychothérapeute d’enseigner que la culpabilité étant irréelle, elle ne peut pas être justifiée et qu’elle n’apporte pas non plus la sécurité. Aussi doit-elle rester autant non désirée qu’irréelle.
La doctrine simple du salut est le but de toute thérapie: délivrez l’esprit du fardeau insensé de la culpabilité qu’il porte avec tant de lassitude, et la guérison est accomplie. Le corps n’est pas soigné. Il est simplement reconnu pour ce qu’il est. Correctement vu, on peut en comprendre le but. Quel besoin de maladie y a-t-il alors ? Ce simple changement opéré, tout le reste suivra. Il n’y a aucun besoin d’un changement compliqué. Il n’y a aucun besoin de longues analyses, de discussions et de recherches lassantes. La Vérité est simple, car elle est Une pour tous.
2. Le processus de la psychothérapie : V. Le processus de guérison
Bien que la Vérité soit simple, il faut cependant l’enseigner à ceux qui se sont déjà égarés dans d’interminables labyrinthes de complexité. Telle est la grande illusion. Dans son sillage émerge la croyance inévitable selon laquelle, pour être en sécurité, on doit contrôler l’inconnu. Cette croyance étrange repose sur certaines étapes qui n’atteignent jamais la conscience. Elle est d’abord annoncée par la croyance qu’il y a des forces à vaincre pour simplement rester en vie. C’est ensuite comme si ces forces ne pouvaient être tenues en échec, sinon par un sens exagéré du soi qui maintient dans les ténèbres ce qui est véritablement ressenti et qui cherche à élever les illusions jusqu’à la lumière.
Souvenons-nous que ceux qui viennent à nous pour chercher de l’aide ont profondément peur. Ce qu’ils croient pouvoir les aider ne peut que leur faire du mal; et seul peut les aider ce dont ils croient leur fera du mal. Le progrès devient impossible avant que le patient ne soit persuadé d’inverser sa façon tordue de regarder le monde, sa façon tordue de se regarder lui-même. La Vérité est simple. Mais elle doit être enseignée à ceux qui pensent qu’elle va les mettre en danger. Elle doit être enseignée à ceux qui attaqueront parce qu’ils se sentent en danger ainsi qu’à ceux qui ont par dessus tout besoin de la leçon de non-défense, pour leur montrer ce qu’est la force.
Si ce monde était idéal, il pourrait peut-être y avoir une thérapie idéale – encore qu’elle serait inutile dans un état idéal. Nous parlons d’enseignement idéal dans un monde où le parfait enseignant ne pourrait pas demeurer longtemps, le psychothérapeute parfait n’est qu’une lueur d’une pensée non encore conçue. Mais nous parlons toujours de ce qui peut néanmoins être fait pour aider les déments dans les limites de ce qui est accessible: tant qu’ils sont malades, ils peuvent et doivent être aidés. Il n’est demandé rien de plus à la psychothérapie: rien de moins que tout ce qu’il a à donner est digne du thérapeute, car Dieu Lui-même lui offre son frère en tant que sauveur, pour le sauver de ce monde.
La guérison est sainte. Il n’y a rien de plus saint dans ce monde qu’aider quelqu’un qui demande de l’aide. Et deux personnes qui s’y essaient, même de façon limitée, même si elles manquent de sincérité, se retrouvent tout près de Dieu. Là où deux se sont unis pour une guérison, Dieu est là. Et Il a garanti qu’Il les entendra et leur répondra en vérité. Ils peuvent être sûrs que la guérison est un processus qu’Il dirige, parce que c’est en accord avec sa Volonté. Nous avons sa Parole pour nous guider lorsque nous essayons d’aider nos frères. N’oublions pas que nous sommes de nous-mêmes impuissants et que nous dépendons d’une Force bien au-delà de notre petite envergure pour ce qui est de ce qu’il y a à enseigner et de ce qu’il y a à apprendre.
Un frère qui cherche de l’aide peut nous apporter des dons qui dépassent les plus beaux cadeaux perçus dans n’importe quel rêve. Il nous offre le salut, car il vient à nous en tant que Christ et Sauveur. Ce qu’il demande, c’est ce que Dieu demande à travers lui et ce que nous faisons pour lui devient le don que nous faisons à Dieu. Dans la détresse qu’il perçoit, l’appel à l’aide sacré du saint Fils de Dieu ne peut recevoir de réponse que de son Père, mais Il a besoin d’une voix par laquelle dire sa Parole sainte, d’une main pour atteindre son Fils et toucher son coeur. Dans un tel processus, qui ne pourrait pas guérir ? Cette interaction sainte, c’est le Plan de Dieu Lui-même, grâce auquel son Fils est sauvé.
Car deux se sont unis. Et Dieu maintenant tient ses promesses: les limites imposées à la fois au patient et au thérapeute ne compteront pour rien, car la guérison a commencé. Ce qu’il leur faut débuter, c’est leur Père qui le complètera, car Il n’a jamais demandé davantage que juste un peu de bonne volonté, que la moindre des avances, que le plus minuscule murmure de son Nom. Demander de l’aide, quelle qu’en soit la forme, c’est faire appel à Lui. Et Il enverra Sa réponse par l’intermédiaire du thérapeute qui peut le mieux servir son Fils pour tous ses besoins présents. Il se peut que la réponse n’ait pas l’air d’être un don du Ciel, il se peut même qu’elle prenne l’apparence d’une aggravation et non d’une aide. Mais ne jugeons pas nous-mêmes du résultat.
Quelque part, tous les cadeaux de Dieu doivent être reçus. Dans le temps, il n’est pas d’effort engagé en vain. Ce n’est pas notre perfection qui nous est demandée dans nos tentatives de guérison. Nous sommes déjà mystifiés si nous pensons qu’il y a un besoin de guérison. Et la Vérité ne nous atteindra qu’à travers quelqu’un qui semble partager notre rêve de maladie. Aidons-le à se pardonner toutes les offenses pour lesquelles il se condamnerait lui-même sans procès. Sa guérison est la nôtre. Et lorsque nous verrons en lui l’état sans péché briller à travers le voile de culpabilité qui enveloppe le Fils de Dieu, nous verrons en lui la face du Christ et nous comprendrons que c’est simplement la nôtre.
Tenons-nous en silence devant la Volonté de Dieu et faisons ce qu’Il a choisi que nous fassions. Il n’y a qu’un seul et unique chemin pour arriver là où tous les rêves ont commencé. Et c’est là que nous les déposerons, pour en partir en paix à jamais. Entends un frère appeler à l’aide et réponds-lui. Ce sera à Dieu que tu répondras, car tu auras fait appel à Lui. Il n’y a pas d’autre façon d’entendre Sa Voix. Il n’y a pas d’autre façon de chercher son Fils. Il n’y a pas d’autre façon de trouver ton Soi. Sainte est la guérison, car le Fils de Dieu retourne au Ciel grâce à sa douce étreinte. Car la guérison lui dit, par la Voix de Dieu, que tous ses péchés lui ont été pardonnés.
2. Le processus de la psychothérapie : VI. La définition de la guérison
On peut alors définir simplement le processus de la psychothérapie comme étant le pardon, car aucune guérison ne peut être quoi que ce soit d’autre. Ceux qui ne pardonnent pas sont malades, en croyant n’être pas pardonnés. S’accrocher à la culpabilité, la tenir serrée contre soi et l’abriter, la protéger avec amour et la défendre avec vigilance: tout cela n’est que le refus sinistre de pardonner. Les malades répètent à l’envi: “ Dieu ne peut pas entrer ici, ” tandis qu’ils pleurent leur perte tout en s’en réjouissant. La guérison se produit lorsqu’un patient commence à entendre l’hymne funèbre qu’il chante, et qu’il en remet en question la validité. Jusqu’à ce qu’il l’entende, il ne peut pas comprendre que c’est lui qui se le chante à lui-même. L’entendre est le premier pas vers le rétablissement. Le remettre en question devient alors son choix.
Il y a une tendance – et elle est très forte – à n’entendre ce chant de mort qu’un instant, puis de l’écarter de notre esprit sans correction. Ces brèves prises de conscience représentent les nombreuses occasions qui nous sont données de littéralement « changer de disque». On peut à la place entendre le son de la guérison, mais doit d’abord émerger le consentement à remettre en question la «vérité» du chant de condamnation. Les distorsions étranges, tissées de façon inextricable au coeur du concept de soi lui-même, ne semblent simplement qu’une pseudo-création, donnant l’impression que ce son horrible est véritablement beau. On entend «le rythme de l’univers» « le chant des anges célestes» et mille autres encore, à la place de puissants hurlements discordants.
L’oreille traduit, elle n’entend pas. L’œil reproduit, il ne voit pas. Leur tâche est de rendre agréable tout ce qui est appelé à soi, quel qu’en soit le désagrément. Ils répondent aux décisions de l’esprit en reproduisant les désirs et en les traduisant en des formes acceptables et plaisantes. Il arrive parfois que la pensée qui est derrière la forme se fraye un passage, mais seulement très brièvement: l’esprit prend alors peur et commence à douter de sa santé mentale. Il ne permettra cependant pas à ses esclaves de changer les formes qu’ils contemplent, les sons qu’ils entendent. Ce sont là ses «remèdes», ses «garde-fous» contre la démence.
Ces témoignages qu’apportent les sens n’ont qu’un seul objectif: justifier l’attaque et maintenir ainsi le non-pardon sans le reconnaître pour ce qu’il est. Vu sans déguisement, c’est intolérable. Sans protection, c’est insupportable. C’est ici qu’est chérie toute maladie, mais sans reconnaître qu’il en est bien ainsi. Lorsqu’en effet un non-pardon n’est pas reconnu, la forme qu’il prend a l’air d’être quelque chose d’autre. Et c’est maintenant ce quelque chose d’autre qui donne l’impression de déclencher la terreur. Mais ce n’est pas ce quelque chose d’autre qui peut être guéri, car ce n’est pas malade et n’a besoin d’aucun remède. Concentrer ici vos efforts de guérison n’est que futilité. Qui peut soigner ce qui ne peut être malade et lui donner la santé ?
La maladie prend de multiples formes, et il en est de même du non-pardon. Les formes de l’une ne font que reproduire les formes de l’autre, car il s’agit de la même illusion. Ils se transforment si exactement l’un en l’autre qu’une étude soigneuse de la forme que prend une maladie indiquera tout à fait clairement la forme de non-pardon qu’elle représente. Mais le fait de le voir n’aura pas pour effet de soigner. Cela ne se réalise que par une unique reconnaissance: seul le pardon guérit un non-pardon et seul un non-pardon peut donner naissance à une maladie, quelle qu’elle soit.
C’est réaliser cela qui est le but final de la psychothérapie. Comment y atteint-on ? Le thérapeute voit chez le patient tout ce qu’il ne s’est pas en lui-même pardonné: il lui est ainsi donné une autre occasion de le regarder, de l’ouvrir à une réévaluation et de le pardonner. Lorsque cela se produit, il voit ses péchés évanouis dans un passé qui n’existe plus. Jusqu’à ce qu’il le fasse, il pense nécessairement que le mal l’attaque ici et maintenant. Le patient est l’écran de projection de ses péchés et il lui permet de les relâcher. Qu’il retienne une seule parcelle de péché dans ce qu’il contemple et sa délivrance sera partielle et peu sûre.
Personne n’est guéri tout seul. Voilà le chant joyeux que le salut chante à tous ceux qui entendent sa Voix. Ceux qui se voient eux-mêmes comme des thérapeutes ne peuvent se rappeler trop souvent cette affirmation. Leurs patients ne peuvent être vus que comme les porteurs du pardon, car ce sont eux qui viennent démontrer leur état sans péché à des yeux qui croient encore qu’il y a là du péché à contempler. Mais la preuve de l’état sans péché, vu chez le patient et accepté chez le thérapeute, offre à leur esprit à tous les deux une alliance dans laquelle ils se rencontrent, s’unissent et sont en tant qu’Un.
2. Le processus de la psychothérapie : VII. La relation patient-thérapeute idéale
Qui est alors le thérapeute et qui est le patient ? A la fin chacun est les deux. Celui qui a besoin de guérison doit guérir. «Médecin, guéris-toi toi-même». Qui d’autre y a-t-il à guérir ? Et qui d’autre a besoin de guérison ? Chaque patient qui vient vers un thérapeute lui offre une occasion de se guérir lui-même. Il est donc son thérapeute. Et de tout patient qui lui arrive, chaque thérapeute doit apprendre à guérir. Il devient par là son patient. Dieu ne connaît pas la séparation. Ce qu’Il connaît, c’est seulement qu’Il a un Fils unique. Sa connaissance se reflète dans la relation patient-thérapeute idéale. Dieu vient à celui qui appelle, et en Lui celui-ci se reconnaît lui-même.
«Réfléchis soigneusement, enseignant et thérapeute, pour qui tu pries et qui a besoin de guérison. Car la thérapie est prière et la guérison en est le but et le résultat». Qu’est-ce que la prière sinon l’union d’esprits dans une relation où le Christ peut entrer ? C’est son foyer, dans lequel l’invite la psychothérapie. Qu’est-ce que soigner des symptômes lorsqu’il y en a toujours un autre à choisir ? Mais une fois que le Christ y entre, quel choix y a-t-il sinon de le faire rester ? Rien de plus n’est nécessaire, car c’est tout. La guérison est là, avec le bonheur et la paix. Ce sont ceux-là les «symptômes» de la relation idéale patient-thérapeute, qui remplacent ceux avec lesquels le patient est venu demander de l’aide.
Le processus qui prend place dans cette relation est en fait celui où le thérapeute dans son coeur dit au patient que tous ses péchés lui ont été pardonnés, de concert avec les siens. Quelle pourrait être la différence entre guérison et pardon ? Seul le Christ pardonne, car Il connaît Son état sans péché. Sa vision guérit la perception et la maladie disparaît. Elle ne reviendra d’ailleurs pas une fois que la cause a été enlevée. Ceci nécessite toutefois l’aide d’un thérapeute très avancé, capable de s’unir avec le patient dans une relation sainte dans laquelle tout sens de séparation est en définitive vaincu.
Il suffit pour cela d’une chose et d’une chose seulement ; que le thérapeute ne se prenne en aucune manière pour Dieu. Tous les «guérisseurs non guéris» font cette confusion fondamentale d’une façon ou d’une autre, parce qu’il leur faut se considérer comme auto-créés plutôt que créés par Dieu. Cette confusion est rarement, voire jamais, présente à la conscience, sinon le guérisseur non guéri deviendrait immédiatement un enseignant de Dieu, consacrant sa vie à la fonction de guérison vraie. Avant d’avoir atteint ce point, il pensait qu’il était responsable du processus thérapeutique et donc de son résultat. Les erreurs de son patient devenaient alors son propre échec et la culpabilité recouvrait de son voile épais et ténébreux ce qui devrait être la sainteté du Christ. La culpabilité est inévitable chez ceux qui utilisent leur jugement pour prendre des décisions. La culpabilité est impossible chez ceux à travers lesquels parle le Saint-Esprit.
Le mort de la culpabilité est le véritable but de la thérapie et le dessein évident du pardon. C’est en cela que peut se voir clairement leur unité. Mais qui pourrait faire l’expérience de la fin de la culpabilité s’il se sent responsable de son frère dans son rôle de guide ? Une telle fonction présuppose une connaissance que personne ici ne peut avoir: une certitude quant au passé, au présent et au futur et quant à tous les effets qui peuvent s’y produire. C’est seulement à partir de ce point de vue omniscient qu’un rôle tel que celui-là est possible. Mais aucune perception n’est omnisciente et ce n’est pas le minuscule soi de quelqu’un tout seul contre l’Univers qui est capable d’assumer avoir une telle sagesse, sauf dans la folie. Que de nombreux thérapeutes soient fous est évident. Aucun guérisseur non guéri ne peut être entièrement sain d’esprit.
Il est néanmoins tout aussi dément de ne pas accepter une fonction que Dieu vous a donnée que de vous en inventer une qu’Il ne vous a pas donnée. Le thérapeute avancé ne peut jamais en rien douter du pouvoir qui est en lui. Il ne doute pas non plus de sa Source. Il comprend que tout pouvoir sur Terre et au Ciel lui appartient à cause de Qui il est. Et cela, il l’est à cause de son Créateur, dont l’Amour est en lui et qui ne peut pas échouer. Pensez à ce que cela veut dire: il a les dons de Dieu Lui-même à donner. Ses patients sont les saints de Dieu, qui font appel à sa sainteté pour la faire leur. Et lorsqu’il la leur donne, ils voient la face resplendissante du Christ qui les regarde.
Les déments, qui pensent qu’ils sont Dieu, n’ont pas peur d’offrir la faiblesse au Fils de Dieu. Mais à qu’à cause de cela ce qu’ils voient en lui, ils en ont peur en vérité. Le guérisseur non guéri ne peut qu’avoir peur de ses patients et les suspecter de la traîtrise qu’il voit en lui-même. Il essaie de guérir et peut réussir par moments. Mais il ne réussira que dans une certaine mesure et pour un petit moment. Il ne voit pas le Christ chez celui qui appelle. Quelle réponse peut-il donner à quelqu’un qui semble un étranger, étranger à la Vérité et pauvre en sagesse, sans le dieu qui doit lui être donné? Voyez votre Dieu en lui, car ce que vous voyez sera votre réponse.
Pensez à ce que veut réellement dire l’union de deux frères. Et oubliez ensuite le monde, tous ses petits triomphes et ses rêves de mort. Ceux qui sont identiques sont Un – et rien du monde de la culpabilité ne peut maintenant rester en mémoire. La pièce devient un temple et la rue un flot d’étoiles qui écarte avec légèreté tous les rêves maladifs. La guérison est accomplie, car ce qui est parfait n’a aucun besoin de guérison et que reste-t-il à pardonner là où il n’y a aucun péché ?
« Sois reconnaissant, thérapeute, de pouvoir voir des choses comme cela, simplement en comprenant le rôle que tu as à jouer. Mais si tu y échoues, tu as dénié que Dieu te créa et tu ne sauras pas que tu es son Fils. Qui est ton frère maintenant? Quel saint peut venir t’emmener chez toi avec lui ? Tu as perdu le chemin. Et peux-tu t’attendre maintenant à voir en lui une réponse que tu as refusé de donner ? Guéris et sois guéri. Il n’y a pas d’autre chemin qui puisse jamais conduire à la paix. Oh laisse entrer ton patient, car il est venu à toi de la part de Dieu. Sa sainteté ne te suffit-elle pas pour réveiller en toi le souvenir de Lui ? »
3. La pratique de la psychothérapie : I. La sélection des patients
Quiconque vous est envoyé est votre patient. Cela ne veut pas dire que vous l’avez choisi, ni que vous choisissez le type de traitement approprié. Mais cela veut effectivement dire que personne ne vient à vous par erreur. Il n’y a aucune erreur dans le Plan de Dieu. Ce serait toutefois une erreur d’assumer que vous savez quoi offrir à chaque personne qui se présente. Ce n’est pas à vous d’en décider. Il y a une tendance chez vous à présumer qu’il vous est constamment demandé de vous sacrifier pour ceux qui viennent. Ce pourrait difficilement être vrai. Exiger un sacrifice de soi-même, c’est exiger un sacrifice de Dieu et Il ne connaît rien du sacrifice. Qui pourrait demander à la Perfection d’être imparfaite ?
Qui donc décide ce dont chaque frère a besoin ? Sûrement pas vous qui ne reconnaissez pas encore qui est celui qui demande. Il y a quelque chose en lui qui vous le dira, si vous écoutez. Et c’est cela la réponse: écoutez. N’exigez pas, ne décidez pas, ne vous sacrifiez pas. Écoutez. Ce que vous entendez est vrai. Dieu t’enverrait-Il Son Fils sans être sûr que vous en reconnaissiez les besoins ? Pensez à ce que Dieu est en train de vous dire: Il a besoin de votre voix pour parler pour Lui. Pourrait-il y avoir quelque chose de plus saint ? Un plus grand don qui vous soit fait? Voudriez-vous plutôt choisir qui serait dieu, ou bien entendre la Voix de Celui qui est Dieu en vous ?
Vos patients n’ont pas besoin d’être physiquement présents pour les servir au nom de Dieu. C’est peut-être difficile à se rappeler, mais Dieu ne limitera pas les dons qu’Il vous fait au petit nombre qu’en fait vous voyez. Vous pouvez tout aussi bien en voir d’autres, car le fait de voir ne se limite pas aux yeux du corps. Certains n’ont pas besoin de votre présence physique. Ils ont besoin de vous tout autant, peut-être même davantage, à l’instant où ils vous sont envoyés. Vous les reconnaîtrez sous la forme qui vous sera le plus utile à tous les deux: un nom, une pensée, une image, une idée, ou peut-être juste le sentiment d’atteindre quelqu’un quelque part. L’Union est entre les mains du Saint-Esprit. Elle ne peut manquer de s’accomplir.
Un thérapeute saint, un enseignant avancé de Dieu, n’oublie jamais une unique chose: ce n’est pas lui qui a fait le programme du salut, pas plus qu’il n’y a établi son propre rôle. Il comprend que son rôle est nécessaire au Tout, et qu’à travers lui il reconnaîtra le Tout une fois son rôle achevé. Entre temps, il doit apprendre, et ses patients sont les moyens qui lui sont envoyés pour son apprentissage. Que pourrait-il être autrement que reconnaissant pour eux et vis-à-vis d’eux ? Ils viennent en apportant Dieu. Refuserait-il ce cadeau comme si c’était une poussière, ou encore fermerait-il sa porte au Sauveur du monde pour laisser entrer un fantôme ? Qu’il ne trahisse pas le Fils de Dieu. Celui qui fait appel à lui dépasse de loin sa compréhension. Ne se réjouirait-il pas plutôt de pouvoir répondre, alors que c’est seulement ainsi qu’il est capable d’entendre l’appel et de comprendre que c’est le sien ?
3. La pratique de la psychothérapie :II. La psychothérapie est-elle une profession ?
Au sens strict, la réponse est non. Comment une profession à part pourrait-elle être une profession dans laquelle chacun est engagé ? Et comment pourrait-on imposer une quelconque limite à une interaction dans laquelle chacun est à la fois patient et thérapeute chaque fois qu’il entre en relation ? Mais d’un point de vue pratique, on peut tout de même dire qu’il y a ceux qui se consacrent principalement à la guérison sous une forme ou sous une autre, en tant que fonction première. Et c’est vers eux qu’un grand nombre se tourne pour trouver de l’aide. Telle est, en effet, la pratique de la thérapie. Il y a donc des gens qui «officiellement» aident les autres. Ils se consacrent dans leurs activités professionnelles à certains types de besoins, bien qu’ils puissent être de bien meilleurs enseignants en dehors de celles-ci. Ces gens n’ont besoin d’aucun règle spéciale, bien évidemment, mais il peut leur être demandé d’utiliser des applications spéciales des principes généraux de la guérison.
En premier lieu, le thérapeute professionnel se trouve dans une excellente position pour démontrer qu’il n’y a aucun ordre de difficulté dans la guérison. Il a cependant besoin pour cela d’un entraînement spécial, parce que le programme grâce auquel il est devenu thérapeute lui a peu – ou rien – appris des vrais principes de la guérison. Il lui a en fait probablement appris comment rendre la guérison impossible. La plupart des enseignements du monde suivent un programme de jugement, avec pour but de faire du thérapeute un juge.
Même cela, le Saint-Esprit peut l’utiliser – et Il l’utilisera - une fois émise la moindre invitation. Le guérisseur non guéri peut être arrogant, égoïste, indifférent et en fait malhonnête. Pourtant, il lui est arrivé quelque chose, qui peut avoir été très ténu, lorsqu’il a choisi d’être un guérisseur, même si la direction qu’il a pu choisir était mal orientée. Ce quelque chose suffit. Tôt ou tard, ce quelque chose émergera et grandira: un patient lui touchera le coeur et le thérapeute lui demandera silencieusement de l’aide. Il s’est trouvé lui-même un thérapeute. Il a demandé au Saint-Esprit d’entrer dans la relation et de la guérir. Il a accepté la rédemption pour lui-même.
On raconte que Dieu a regardé ce qu’Il avait créé et dit que cela était bon. Non: Il le déclara parfait et ce l’était. Et comme les Créations ne changent pas et durent à jamais, ce l’est encore maintenant. Pourtant, il ne peut pas plus exister de thérapeute parfait que de patient parfait. Tous deux doivent avoir renié leur perfection, car le besoin même qu’ils ont l’un de l’autre implique un sentiment de manque. Une relation face à face n’est pas une Relation Unique, mais c’est le moyen du retour: le moyen que Dieu a choisi pour le retour de son Fils. Dans ce rêve étrange doit entrer une étrange correction, car cela seul est l’appel au réveil. Que pourrait bien être d’autre la thérapie ? Réveille-toi et réjouis-toi car tous tes péchés t’ont été pardonnés». Voilà le seul message que chacun devrait donner à l’autre.
De chaque rencontre entre patient et thérapeute quelque chose de bon doit sortir, conservé pour tous les deux pour le jour où ils pourront reconnaître que cela seul était réel dans leur relation. A ce moment-là, ce qui est bon leur est rendu, béni par le Saint-Esprit en tant que don de leur Créateur en signe de son Amour. Car la relation thérapeutique doit devenir semblable à la relation du Père et du Fils. Il n’y en a pas d’autre, car il n’y a rien d’autre. Les thérapeutes de ce monde ne s’attendent pas à ce résultat et nombre de leurs patients seraient incapables d’accepter d’eux de l’aide si tel était le cas. Mais aucun thérapeute ne fixe réellement le but des relations dont il fait partie. Sa compréhension commence par la reconnaissance de ce fait, puis elle progresse à partir de là.
C’est à l’instant où le thérapeute oublie de juger le patient que la guérison se produit. Dans certaines relations, ce point n’est jamais atteint, même si patient et thérapeute ont changé de rêves au cours du processus. Mais comme ce n’aura pas été le même rêve pour les deux, ce ne sera pas le rêve de pardon dans lequel tous deux s’éveilleront un jour. Le bon est sauvé: chéri en vérité, mais il n’a été gagné que peu de temps. Les nouveaux rêves perdront leur attirance temporaire, et se changeront en rêves de peur, qui est le contenu de tous les rêves. Aucun patient ne peut cependant accepter plus que ce qu’il est prêt à recevoir et aucun thérapeute ne peut offrir plus que ce qu’il croit avoir. Aussi y a-t-il place pour toutes les relations dans ce monde et elles apporteront du bien à la mesure de l’acceptation et de la capacité d’utilisation de chacun.
C’est pourtant lorsque cesse le jugement que se produit la guérison, parce que c’est seulement alors qu’on peut comprendre qu’il n’y a aucun ordre de difficulté dans la guérison. Il s’agit là d’une compréhension nécessaire au guérisseur guéri. Il a appris qu’il n’est pas plus dur d’éveiller son frère d’un rêve que d’un autre. Aucun thérapeute professionnel ne peut maintenir cette compréhension de façon régulière dans son esprit, en l’offrant à tous ceux qui viennent à lui. Certains dans ce monde l’ont approchée de très près, mais ils n’ont pas accepté le don entièrement, de façon à rester et à laisser leur compréhension demeurer jusqu’à la fin des temps. On peut difficilement les appeler des thérapeutes professionnels: ce sont les Saints de Dieu. Ce sont les Sauveurs du monde. Leur image reste, parce qu’ils ont choisi qu’il en soit ainsi. Ils prennent la place d’autres images et ils aident par des rêves bienfaisants.
Une fois que le thérapeute professionnel s’est rendu compte que les esprits sont unis, il peut aussi reconnaître qu’un ordre de difficulté dans la guérison n’a pas de signification. Mais il peut se diriger vers ce point bien avant de l’avoir atteint dans le temps. Il peut avoir de nombreux instants saints en chemin. Un but caractérise la fin d’un voyage, pas son début et, à mesure que chaque but est atteint, on peut en voir un autre se dessiner confusément en avant. La plupart des thérapeutes professionnels en sont encore au tout début de la première étape du premier voyage. Même ceux qui ont commencé à comprendre ce qu’ils doivent faire sont susceptibles de s’opposer à sa mise en œuvre. Pourtant, toutes les lois de la guérison peuvent leur appartenir en juste un instant. Le voyage n’est pas long, sauf dans les rêves.
Le thérapeute professionnel dispose d’un avantage qui peut lui faire gagner un temps énorme, pour peu qu’il soit utilisé correctement. Il a choisi une route où il existe une grande tentation de mal utiliser son rôle. Ceci lui permet de dépasser très rapidement de nombreux obstacles vers la paix, s’il échappe à la tentation d’assumer une fonction qui ne lui a pas été donnée. Pour comprendre qu’il n’y a aucun ordre de difficulté dans la guérison, il lui faut aussi reconnaître l’égalité entre le patient et lui-même. Il n’y a pas là de demi-mesure: ou ils sont égaux, ou ils ne le sont pas. Les tentatives des thérapeutes d’établir un compromis à cet égard sont étranges en vérité. Certains utilisent les relations simplement pour collectionner des corps pour qu’ils viennent les adorer à leur autel – et c’est cela qu’ils considèrent comme de la guérison. De nombreux patients considèrent aussi cette procédure étrange comme étant le salut. A chaque rencontre, cependant, il y en a Un qui dit: «Mon frère, choisis encore une fois».
N’oubliez pas que toute forme d’état spécial doit être défendue – et qu’elle le sera. Le thérapeute sans défense a avec lui la force de Dieu, mais le thérapeute défensif a perdu de vue la Source de son salut. Il ne voit pas et il n’entend pas. Comment peut-il alors enseigner ? Parce que c’est la Volonté de Dieu qu’il prenne sa place dans le Plan du salut. Parce que c’est la Volonté de Dieu que son patient soit aidé pour s’unir là avec lui. Parce que son incapacité à voir et à entendre ne limite en rien le Saint-Esprit. Sauf dans le temps. Dans le temps, il peut y avoir un grand décalage entre l’offrande et l’acceptation de la guérison. C’est le voile jeté sur la face du Christ. Mais ce ne peut être qu’une illusion, parce que le temps n’existe pas et que la Volonté de Dieu a toujours été exactement comme elle est.
3. La pratique de la psychothérapie : III. La question du paiement
Personne ne peut payer pour une thérapie puisque la guérison est de Dieu et Dieu ne demande rien. Toutefois, cela fait partie de son Plan que tout dans ce monde soit utilisé par le Saint-Esprit pour aider à faire avancer le Plan. Même un thérapeute avancé a des besoins terrestres tant qu’il est ici. S’il a besoin d’argent, cela lui sera donné, non en paiement, mais pour l’aider à mieux servir le Plan. L’argent n’est pas mauvais. Ce n’est rien. Mais personne ici ne peut vivre sans illusion, car il lui faut encore s’efforcer de faire accepter la dernière illusion par tout le monde et partout. Il a un puissant rôle à jouer dans cet unique objectif pour lequel il est venu. Il n’est ici que pour cela. Et tant qu’il restera, il lui sera donné ce dont il a besoin pour rester.
Seul un guérisseur non guéri essaierait de guérir pour de l’argent – et il n’y réussira pas dans la mesure où il le valorise. Il ne trouvera pas non plus sa guérison dans le processus. Il y aura ceux à qui le Saint-Esprit demande un certain paiement pour Son objectif. Il y aura ceux à qui Il ne le demande pas. Ce ne devrait pas être au thérapeute de prendre ces décisions. Il y a une différence entre paiement et coût. Donner de l’argent là où est alloué le Plan de Dieu n’a pas de prix. Le retenir là où il doit se trouver à juste titre a un coût énorme. Le thérapeute qui ferait cela perdrait le nom de guérisseur, car il serait incapable de comprendre ce qu’est la guérison. Il ne peut pas la donner, aussi ne l’a-t-il pas.
Les thérapeutes de ce monde sont en vérité inutiles pour le salut du monde. Ils font des demandes, aussi ne peuvent-ils pas donner. Les patients peuvent payer seulement pour l’échange d’illusions. Cela doit en vérité exiger un paiement, et le coût en est grand. Une relation achetée ne peut offrir le seul don par lequel toute guérison s’accomplit. Le pardon, qui est le seul rêve du Saint-Esprit, ne doit avoir de prix. Car s’il en avait, il crucifierait de nouveau le Fils de Dieu. Se peut-il que ce soit de cette façon qu’il soit pardonné ? Se peut-il que ce soit ainsi que se termine le rêve de péché ?
Le droit de vivre est quelque chose pour lequel personne n’a besoin de se battre. C’est promis et garanti par Dieu. C’est par conséquent un droit que le thérapeute et le patient partagent à égalité. Si leur relation doit être sainte, ce dont l’un aura besoin lui sera donné par l’autre, ce dont l’un manque, l’autre le lui fournira. C’est en cela qu’est rendue sainte la relation, car en cela tous deux sont guéris. Le thérapeute rembourse le patient par la gratitude, comme le fait le patient. Il n’y a aucun coût, ni pour l’un ni pour l’autre. Mais tous deux méritent des remerciements, pour la délivrance d’un long emprisonnement et du doute. Qui ne serait pas reconnaissant pour un tel don ? Et qui pourrait imaginer que cela puisse s’acheter ?
Il a été dit à juste titre qu’à qui possède, il sera donné. Parce qu’il possède, il peut donner. Et parce qu’il donne, il lui sera donné. Telle est la loi de Dieu – et non celle du monde. Ainsi en est-il des guérisseurs de Dieu. Ils donnent parce qu’ils ont entendu Sa Parole et qu’ils L’ont comprise. Tout ce dont ils ont besoin leur sera donné. Mais ils perdront cette compréhension à moins de se souvenir que tout ce qu’ils ont leur vient seulement de Dieu. S’ils croient avoir besoin de quoi que ce soit de la part d’un frère, ils ne le reconnaîtront plus comme un frère. S’ils le font, une lumière s’éteint, même au Ciel. Là où le Fils de Dieu se retourne contre lui-même, il ne peut contempler que les ténèbres. Il s’est dénié à lui-même la lumière et il ne peut voir.
Il y a une règle impérative: personne ne devrait être renvoyé parce qu’il ne peut pas payer. Personne n’est envoyé par hasard à personne. Les relations ont toujours un objectif. Quel qu’il puisse avoir été avant que le Saint-Esprit n’y entre, ce sont toujours son temple potentiel: le lieu de repos du Christ et le foyer de Dieu Lui-même. Quiconque se présente a été envoyé. Peut-être l’a-t-il été pour donner à son frère l’argent dont il avait besoin. Les deux seront par là bénis. Peut-être a-t-il été envoyé pour enseigner au thérapeute a quel point il a besoin du pardon et combien l’argent est sans valeur en comparaison. Encore une fois, tous deux seront bénis. C’est seulement en termes de coût que l’un pourrait avoir plus que l’autre. Dans le partage, chacun doit y gagner une bénédiction sans qu’il en coûte.
Cette vision du paiement peut très bien ne pas être pratique, et aux yeux du monde ce serait le cas. Mais il n’y a pas une seule pensée du monde qui soit réellement pratique. Combien gagne-t-on à lutter pour des illusions ? Combien perd-on en rejetant Dieu ? Et est-ce possible de le faire? Il n’est certainement pas pratique de se battre pour rien et de tenter de faire ce qui est impossible. Alors, arrêtez-vous un moment, suffisamment longtemps pour réfléchir à ceci: vous avez peut-être cherché le salut sans savoir où regarder. Quiconque vous demande de l’aide peut vous le montrer. Quel plus grand don pourrait vous être fait ? Quel plus grand don voudriez-vous faire ?
« Médecin, guérisseur, thérapeute, enseignant, guéris-toi toi-même». Nombreux seront ceux qui viendront à vous, porteurs du don de guérison, si tel est votre choix. Le Saint-Esprit ne refuse jamais une invitation à entrer et à demeurer avec vous. Il vous donnera d’innombrables opportunités d’ouvrir la porte à votre salut, car telle est Sa fonction. Il vous dira aussi exactement ce qu’est votre fonction en toute circonstance et en tout temps. Qui Il vous envoie vous atteindra, la main tendue vers son Ami. Que le Christ en vous lui souhaite la bienvenue, car c’est le même Christ qui est aussi en lui. Refusez-lui l’entrée et vous avez nié le Christ en vous. Souvenez-vous de la triste histoire du monde et de la joyeuse nouvelle du salut. Souvenez-vous du Plan de Dieu pour la restauration de la joie et de la paix. Et n’oubliez pas à quel point sont simples les voies de Dieu: « Tu étais perdu dans les ténèbres du monde jusqu’à ce que tu aies demandé la lumière. Et alors Dieu envoya Son Fils pour te la donner.